Ce moulin est situé dans la plus vaste commune du département des Ardennes, Signy-l’Abbaye, à 23 km au sud-ouest de Charleville-Mézières. Le 4 juin 2010, pour assurer la sauvegarde de la partie meunerie du moulin de Librecy dont la roue a été arrêtée en 1964, les nouveaux propriétaires, Nadine et Sylvain DEMARS, décidaient de créer une association. Entreprise personnelle certainement, mais bien comprise autour de ce couple puisque le nombre d’adhérents de cette jeune association est passé de 49 en fin 2010 à 61 en mai 2011 (63 adhérents en 2017).

 

     Le Moulin de Librecy fut construit en 1604 (en comparaison, un peu plus vieux que Charleville, 1606) par des laïcs sur le modèle des moines Cisterciens.

Il possède une particularité : son alimentation est une source, plus exactement, une résurgence située à environ 100 mètres et son altitude est identique à celle de la Fosse Bleue, résurgence de la Vaux. La vanne de décharge, située en amont, permet, lorsque celle-ci est ouverte, de détourner l’eau vers la rivière. Le canal, juste en amont de la roue ainsi asséché, permettait de réaliser divers travaux au « sec » sur la vanne de commande ou de la roue. La vanne de commande, placée juste à proximité de la roue permet d’apporter plus ou moins d’eau à la roue, celle-ci est commandée depuis l’intérieur par un petit volant.

     A l’origine, le moulin possédait 2 roues en bois dont la trace est encore visible. Le moulin possédait 2 paires de meules. Le meunier modernisa sa meunerie en installant un cylindre broyant en remplacement d’une des paires de meules. Nous avons la chance que celui-ci ait gardé une paire de meules. Une modification sur le pignon, telle l’ouverture d’une sortie de ventilation, nous le démontre. Ouverture en brique maçonnée au ciment, l’esthétisme n’étant pas de rigueur a contrario de celle située juste au-dessus.

 

     L’accès pour les paysans apportant leur blé à moudre se faisait par le grand chemin. Un pont très large passant au-dessus du bief permettait de supporter les chariots. Le chariot adossé au moulin permettait au meunier, par l’intermédiaire du monte-sac, de hisser les sacs en jute au premier étage. Les traces causées par le passage répété de la corde restent encore bien visibles sur la pierre du linteau. La lucarne meunière a disparu lorsque le toit fut refait.

 

     La force motrice utilisée pour moudre, grâce à un arbre de transmission, servait aussi pour actionner un broyeur à pommes ou un banc de scie. La paire de meules inutilisée se retrouva posée au sol sous cet arbre de transmission afin d’assurer une bonne assise et stabilité du sol.

     L’actuelle roue au flasque en fonte est une roue du dessus, l’eau coule sur les augets et le poids de l’eau fait tourner celle-ci. La puissance brute en chevaux-vapeur est de 5,82 pour une puissance utile de 4 chevaux-vapeur. La chute en eau ordinaire est de 3 mètres. Le débit des eaux motrices en m3 est de 0,146.